Agence RGAA : auditer, corriger et prouver l'accessibilité de votre site

Depuis le 28 juin 2025, l'accessibilité numérique n'est plus une affaire de secteur public. L'European Accessibility Act a étendu l'obligation à une grande partie de l'économie privée. Et depuis l'ordonnance du 6 septembre 2023, le contrôle a un visage et un montant : l'Arcom, avec une sanction pouvant atteindre 50 000 € par service en ligne.

La question n'est donc plus de savoir s'il faut s'y mettre, mais par où commencer. La réponse est toujours la même : par un audit. Pas un scan automatique qui vous rend un score rouge sans vous dire quoi faire — un audit de conformité mené sur les 106 critères du RGAA, page par page, composant par composant, avec un plan de correction hiérarchisé et chiffré à la clé.

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Êtes-vous concerné par le RGAA ?

C'est la première question, et elle a une réponse précise. L'obligation découle de l'article 47 de la loi du 11 février 2005, dont le décret du 24 juillet 2019 a fixé les modalités.

Le secteur public et ses délégataires

Toutes les personnes morales de droit public sont concernées, sans seuil : État, collectivités territoriales, établissements publics, hôpitaux, universités. S'y ajoutent les personnes morales de droit privé délégataires d'une mission de service public — une régie de transport, un bailleur social, un concessionnaire.

Les entreprises privées

Le décret de 2019 fixe un seuil : 250 millions d'euros de chiffre d'affaires. Mais attention à la façon dont il se calcule — c'est le point que presque personne ne lit correctement. Il ne s'agit pas du chiffre d'affaires de l'année en cours, mais de la moyenne du chiffre d'affaires annuel réalisé en France sur les trois derniers exercices comptables clos.

Une entreprise qui franchit ponctuellement les 250 millions une année n'est donc pas automatiquement concernée. Une entreprise qui oscille autour du seuil doit surveiller sa moyenne glissante.

Et puis il y a l'European Accessibility Act

C'est le vrai changement d'échelle. La directive européenne 2019/882, applicable depuis le 28 juin 2025, ne raisonne plus en statut d'organisation mais en nature de produit et de service vendu au consommateur. Le seuil de 250 millions n'y est pour rien : ce qui compte, c'est ce que vous vendez — commerce en ligne, services bancaires, transport de voyageurs, télécommunications, livres numériques.

Pour trancher votre cas précis, parcourez le détail des obligations d'accessibilité numérique, organisation par organisation.

Notre méthode d'audit, en six étapes

  1. Cadrage et définition de l'échantillon. L'échantillon n'est pas un choix arbitraire. Il comprend les pages obligatoires — accueil, contact, mentions légales, accessibilité, plan du site, aide, authentification — auxquelles s'ajoutent des pages représentatives de chaque type de contenu, les documents téléchargeables, l'intégralité des pages d'un processus multi-étapes, et un minimum de 10 % de pages tirées au hasard. Ce tirage aléatoire existe précisément pour empêcher qu'on n'audite que les pages qu'on a soignées.
  2. Tests manuels sur les 106 critères. C'est le cœur du travail, et il se fait à la main. Chaque critère reçoit l'un de trois statuts : conforme, non conforme, ou non applicable.
  3. Tests assistés et vérification humaine. Les outils automatiques servent à repérer vite. Ils ne décident de rien : un attribut alt présent n'est pas un alt pertinent, et aucun outil ne sait si « Cliquez ici » décrit la destination du lien.
  4. Tests avec technologies d'assistance. Lecteur d'écran, navigation au clavier seul, zoom à 200 %, mode contraste élevé. C'est là qu'on découvre ce que la grille ne dit pas.
  5. Rapport, taux de conformité et plan de correction. Le taux se calcule en divisant le nombre de critères validés par le nombre de critères applicables.
  6. Restitution et transfert de compétences. Une session avec vos développeurs, vos contributeurs et votre chef de projet. Le rapport ne sert à rien si personne ne sait le lire.
La règle qui explique bien des mauvaises surprises

Un critère n'est validé que s'il l'est sur toutes les pages de l'échantillon. Une seule page en défaut fait tomber le critère pour l'ensemble du site. C'est aussi pourquoi les scores rendus par les outils qui notent page par page sont systématiquement plus flatteurs qu'un audit conforme à la méthode officielle.

Les trois mentions, et ce qu'elles veulent dire

Le taux de conformité détermine la mention que vous êtes tenu d'afficher. Il n'y en a que trois, et leurs seuils sont fixés.

Les trois mentions de conformité prévues par le RGAA
Mention Condition
Totalement conforme Tous les critères de contrôle du RGAA sont respectés.
Partiellement conforme Au moins 50 % des critères de contrôle sont respectés.
Non conforme Moins de 50 % des critères sont respectés, ou absence de résultat d'audit valide.

Cette dernière précision mérite qu'on s'y arrête. « Non conforme » ne sanctionne pas seulement un mauvais score : une organisation qui n'a jamais fait auditer son site est non conforme par défaut, et doit l'afficher. L'absence d'audit n'est pas une zone grise, c'est le pire des trois états.

Combien coûte un audit RGAA ?

La charge dépend de trois choses : le nombre de pages de l'échantillon, la complexité des composants d'interface, et la présence ou non de parcours transactionnels à tester intégralement.

Charge indicative d'un audit de conformité, en jours
Typologie de site Échantillon indicatif Charge
Site vitrine, gabarits homogènes8 à 12 pages3 à 5 jours
Site institutionnel avec espace connecté15 à 20 pages6 à 10 jours
Site de commerce en ligne, tunnel complet20 à 30 pages10 à 15 jours
Application métier ou plateforme complexeSur mesure15 jours et plus

Ajoutez le contre-audit de validation, généralement entre 30 et 50 % de la charge initiale. Un ordre de grandeur utile pour arbitrer : le plafond de sanction est de 50 000 € par service en ligne pour un manquement aux exigences d'accessibilité, et de 25 000 € pour les manquements aux obligations de publication. Un audit complet coûte une fraction de l'un comme de l'autre.

Accessibilité, référencement et visibilité dans les IA

Voici l'angle qui nous distingue des cabinets d'accessibilité, et la raison pour laquelle une agence de référencement a quelque chose à dire sur ce sujet.

Reprenez la liste des non-conformités les plus fréquentes d'un audit RGAA. Hiérarchie de titres incohérente. Images sans alternative textuelle. Liens dont l'intitulé ne décrit pas la destination. Formulaires sans étiquette associée. Contenu qui n'existe qu'après exécution du JavaScript. Tableaux sans en-têtes déclarés. Maintenant, reprenez la liste des problèmes qu'un audit technique de référencement remonte sur le même site. C'est la même liste.

Ce n'est pas une coïncidence. Un lecteur d'écran et un robot d'indexation font, à leur manière, le même travail : ils reconstruisent le sens d'une page à partir de sa structure, sans le secours de la mise en forme visuelle.

Ce que nous ne vous dirons pas

L'accessibilité n'est pas un facteur de classement. Personne ne gagne des positions parce qu'il a coché les 106 critères. Ce qui se produit est plus indirect et plus solide : un site accessible est un site dont la structure est explicite, et une structure explicite est plus facile à comprendre, à indexer et à citer.

Une exigence que nous nous appliquons

Une agence qui vend de l'accessibilité et dont le propre site n'est pas accessible a un problème de crédibilité que nulle argumentation ne rattrape.

Le site que vous lisez a été conçu critère par critère selon le RGAA 4.1.2. Son état de conformité réel, la méthode de vérification employée et ce qui reste à contrôler sont publiés sur notre déclaration d'accessibilité. Nous préférons cette transparence à un silence confortable : c'est aussi la démonstration la plus directe de ce que nous vous proposons.

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Par secteur d'activité

Le régime applicable et les parcours critiques varient selon l'activité. Ces pages détaillent ce qui change pour chacune.

Nos interventions en région

Chacune de ces pages décrit le paysage local des organisations soumises à l'obligation, et la particularité de cadrage propre au territoire.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un audit RGAA exactement ?

Une évaluation manuelle de votre site face aux 106 critères du RGAA 4.1.2, menée sur un échantillon représentatif selon la méthodologie de test officielle. Chaque critère est déclaré conforme, non conforme ou non applicable. Le rapport final donne un taux de conformité et la liste localisée de toutes les non-conformités.

Mon entreprise privée est-elle concernée ?

Deux portes d'entrée. Celle du décret de 2019 : un chiffre d'affaires supérieur à 250 millions d'euros, calculé sur la moyenne des trois derniers exercices clos en France. Et celle de l'European Accessibility Act, qui raisonne par nature de service — commerce en ligne, banque, transport, télécoms, livres numériques — indépendamment de votre taille, sous réserve des exemptions prévues pour les microentreprises.

Combien de temps prend un audit RGAA ?

De 3 à 5 jours pour un site vitrine, jusqu'à 15 jours et plus pour une plateforme complexe. La variable principale n'est pas le nombre de pages de votre site, mais la diversité de ses gabarits et de ses composants d'interface.

Quelle différence entre le RGAA et les WCAG ?

Les WCAG, publiées par le W3C, énoncent des objectifs. Le RGAA les traduit en critères vérifiables, accompagnés d'une méthodologie de test qui dit comment vérifier, sur quel élément, et dans quel cas le critère est non applicable. C'est cette opérationnalité qui en fait la référence des audits français.

Un outil automatique suffit-il ?

Non. Un outil détecte les critères mécaniquement vérifiables : une image sans attribut alt, un contraste insuffisant, une langue non déclarée. Il ne peut pas juger si une alternative textuelle est pertinente, si un intitulé de lien décrit sa destination, ou si l'ordre de tabulation a du sens. Ces jugements représentent la majeure partie du référentiel.

Que risque-t-on concrètement ?

Depuis l'ordonnance du 6 septembre 2023, l'Arcom contrôle le respect de l'article 47 et peut prononcer une sanction pécuniaire allant jusqu'à 50 000 € par service de communication au public en ligne pour un manquement aux exigences d'accessibilité, et jusqu'à 25 000 € pour les manquements aux autres obligations. Le montant est modulé selon la nature, la gravité et la durée du manquement.

Faut-il refaire le site pour être accessible ?

Rarement. La majorité des non-conformités se corrigent sur l'existant : alternatives textuelles, contrastes, étiquettes de formulaires, hiérarchie de titres. Une refonte ne s'impose que lorsque les composants d'interface eux-mêmes sont construits sur des bases non accessibles — une navigation maison qui piège le focus clavier, par exemple.

À quelle fréquence faut-il refaire un audit ?

La déclaration d'accessibilité doit être mise à jour après toute modification substantielle du site, trois ans après sa publication, et dans les dix-huit mois suivant la publication d'une nouvelle version du référentiel. Ce dernier point est d'actualité : le RGAA 5 est attendu pour fin 2026.

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