Auditer un parc de sites sans exploser le budget

Une collectivité qui pensait avoir un site en découvre quinze. Un groupe qui pensait avoir trois marques en compte quarante avec les filiales. Le budget, lui, n'a pas été multiplié. Voici la méthode en trois temps qui permet de traiter un parc entier sans auditer tout, et sans tricher.

Le réflexe à éviter

Auditer complètement les trois sites que le budget couvre, et ne rien faire des douze autres. Le résultat est mauvais des deux côtés : trois déclarations publiées, douze services toujours non conformes par défaut — et un schéma pluriannuel qui ne tient pas debout.

Temps 1 : l'inventaire

C'est l'étape la moins glamour et la plus rentable. Elle consiste à lister tous les services de communication au public en ligne de l'organisation, y compris ceux que personne ne revendique.

Ce qu'un inventaire complet fait remonter
CatégorieSouvent oublié
Sites institutionnelsLes micro-sites de campagne restés en ligne
Portails de démarchesLes formulaires hébergés chez un tiers
Espaces connectésL'intranet, qui relève du même régime
Applications mobilesPresque toujours absentes de l'inventaire initial
Sites d'équipementsMédiathèque, théâtre, piscine, festival
Billetteries et réservationsSouvent opérées par un délégataire

Pour chaque entrée : qui l'exploite, quelle fréquentation, quelle criticité. Ces trois colonnes suffisent à construire la suite.

Temps 2 : le classement par audit rapide

Un audit rapide sur trois à cinq pages par site demande un à deux jours par site, au lieu de cinq à quinze. Il ne permet pas de publier un taux, et ce n'est pas son objet : il sert à classer.

À la sortie, chaque site tombe dans l'une de trois zones : proche du seuil, loin, ou déjà en bonne voie. C'est cette information qui permet d'arbitrer, et elle coûte une fraction d'un audit complet.

Temps 3 : les audits complets, dans l'ordre

La priorité ne suit ni la fréquentation seule, ni le classement de l'audit rapide, mais leur croisement avec la criticité.

  1. Les services qui conditionnent un droit ou une démarche, quelle que soit leur fréquentation.
  2. Les services les plus fréquentés, parce que le nombre de personnes empêchées y est le plus élevé.
  3. Les services proches du seuil, où un effort modéré fait basculer la mention.
  4. Les services dont une refonte est programmée — à traiter dans le cahier des charges, pas avant.
Le réflexe qui économise le plus

Pour tout service dont une refonte est prévue dans les dix-huit mois, ne pas corriger l'existant : inscrire l'exigence dans le cahier des charges de la refonte. Corriger un site qui va disparaître est un gaspillage pur.

Ce qu'on fait des sites non audités

On ne les ignore pas. Chacun publie une déclaration indiquant « non conforme » — ce qui est exact, faute de résultat d'audit valide — et le schéma pluriannuel indique à quelle échéance il sera traité.

Une organisation qui documente ainsi son parc démontre une démarche. Une organisation qui publie trois belles déclarations et laisse douze services dans le silence n'a rien à opposer sur ces douze-là.

Le gain caché de la méthode

L'inventaire révèle presque toujours des services mutualisables : trois portails de démarches différents pour le même usage, deux billetteries concurrentes, quatre sites d'équipements sur des technologies distinctes. Rationaliser avant de corriger réduit le périmètre à auditer — et c'est souvent là que se trouve la plus grande économie.

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