Devenir auditeur RGAA : le parcours réel

Mener soi-même ses audits change l'économie du sujet : le contre-audit de validation et les campagnes de surveillance deviennent internes, et la connaissance reste dans l'organisation quand les prestataires changent. Le métier s'apprend — il ne demande pas de diplôme, il demande une méthode et de la pratique.

Les compétences à acquérir

Ce que couvre réellement le métier
CompétenceNiveau attendu
Méthodologie de test Maîtrise des tests des 106 critères, et des conditions de non-applicabilité
Lecture de code Savoir inspecter du HTML, lire des attributs, comprendre une structure — pas développer
Lecteur d'écran Usage courant d'au moins un lecteur, avec ses raccourcis de navigation
Constitution d'échantillon Savoir cadrer un périmètre défendable, tirage aléatoire compris
Rédaction de rapport Localiser, expliquer, prioriser — la compétence la plus rare
Cadre réglementaire Savoir ce qui est exigible, et rédiger la déclaration qui en découle
La compétence qui fait la différence

Ce n'est pas la connaissance des critères : c'est la rédaction du rapport. Un auditeur qui relève correctement mais décrit mal produit un document que personne ne peut exploiter — et l'audit ne sert à rien.

Voir le rapport d'audit RGAA.

Notre parcours

  1. Les fondamentaux — usages réels, technologies d'assistance, quatre principes.
  2. Le référentiel — 13 thématiques, 106 critères, méthodologie de test.
  3. L'outillage — lecteur d'écran, extensions, plateforme de relevé.
  4. Le cadrage — constitution de l'échantillon, périmètre, documents.
  5. La pratique — audit complet encadré sur un site réel, le vôtre.
  6. Le livrable — rapport, plan de correction, déclaration.

La cinquième étape est la plus longue et la plus utile : un audit réel, mené par le stagiaire, relu ligne à ligne. C'est ce qui révèle les biais de lecture avant qu'ils ne se répètent sur trois campagnes.

Faut-il une certification ?

Non. Le RGAA n'impose aucune certification d'auditeur, et il n'existe pas d'agrément officiel. Des certifications privées existent et attestent d'un niveau de connaissance : elles ont de la valeur dans une réponse à marché ou sur un curriculum vitæ, elles ne conditionnent pas la validité d'un audit.

Voir ce que vaut une « certification RGAA ».

Auditer en interne : les deux précautions

L'auto-évaluation est explicitement admise, et souvent le bon choix sur la durée. Deux précautions la rendent crédible.

Le marché

La demande progresse avec l'élargissement du périmètre réglementaire : secteur public, grandes entreprises, et depuis 2025 les services au consommateur visés par l'European Accessibility Act. Le profil recherché combine rarement toutes les compétences — connaissance du référentiel, lecture de code, et capacité à écrire un rapport exploitable.

C'est cette dernière qui manque le plus souvent, et qui distingue un auditeur d'un utilisateur d'outil.

Poursuivre

Pour le déroulé complet d'un audit, voyez l'audit RGAA. Pour la fonction qui porte le sujet en interne, le référent accessibilité.