Le rapport d'audit RGAA : anatomie d'un livrable exploitable

Un rapport d'audit qui énonce un pourcentage et une liste de critères en échec rassure la direction et n'aide personne. Le seul test qui vaille est celui-ci : un développeur qui ouvre le document doit pouvoir commencer à corriger sans poser de question.

Ce document est le livrable central de l'audit de conformité.

Les six parties attendues

Structure d'un rapport d'audit RGAA
PartieContenuDestinataire
SynthèseTaux, mention obligatoire, trois enseignements majeurs, effort estiméDirection
Cadre de l'auditRéférentiel et version, date, auditeur, environnements de testContrôle
ÉchantillonListe des pages, motif de sélection, part tirée au hasardContrôle
Relevé des critèresLes 106 critères, statut par page, justification des non applicablesRéférent accessibilité
Non-conformités détailléesLocalisation, cause, correction attendue, extrait de codeÉquipes techniques
Plan de correctionAnomalies classées par gêne et par effort, avec gain en pointsChef de projet

Ce que doit contenir une non-conformité

Chaque anomalie relevée comporte au minimum cinq informations :

  1. le critère concerné et son intitulé exact ;
  2. la page et le composant où elle se produit ;
  3. un extrait du code fautif, ou un sélecteur qui permet de le retrouver ;
  4. la gêne produite, décrite du point de vue de l'utilisateur ;
  5. la correction attendue, formulée comme une instruction.
Exemple de formulation utile

Plutôt que « Critère 6.1 non conforme », on écrit : « Page Contact, pied de page, troisième lien. L'intitulé En savoir plus ne permet pas d'identifier la destination hors contexte. Remplacer par Consulter nos mentions légales. »

Le plan de correction

C'est la partie qui transforme un constat en chantier. Chaque anomalie y est croisée selon deux axes — la gêne réelle qu'elle produit et l'effort technique qu'elle demande — puis ordonnée. Le tri ne suit jamais l'ordre des critères : il suit le rendement.

La logique et la matrice employées sont détaillées sur la page mise en conformité.

Format et réutilisabilité

Nous livrons le relevé dans un format tabulaire réimportable, pas uniquement en document figé. La raison est pratique : le même tableau sert au suivi des corrections, puis au contre-audit, puis à la campagne suivante. Un rapport qui ne peut pas être remis à jour condamne à tout refaire.

Ce qui en découle directement

Le rapport alimente la déclaration d'accessibilité : taux, liste des contenus non accessibles, dérogations éventuelles et date d'établissement s'y reprennent tels quels. Un rapport bien construit rend la rédaction de la déclaration mécanique.

Poursuivre

Pour comprendre le chiffre qui ouvre le rapport, voyez le calcul du taux de conformité. Pour une version allégée destinée à un premier diagnostic, l'audit rapide sur 25 critères.

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