RGAA et WCAG : deux documents, un seul objectif

On oppose souvent les deux comme s'il fallait choisir. En réalité ils ne jouent pas le même rôle : les WCAG énoncent ce qu'il faut obtenir, le RGAA énonce comment le vérifier. Le second est la déclinaison opérationnelle française du premier.

La différence, en une ligne de chacun

Même exigence, deux formulations
DocumentFormulation type
WCAG « Tout contenu non textuel présenté à l'utilisateur dispose d'une alternative textuelle qui remplit une fonction équivalente. »
RGAA « Chaque image porteuse d'information a-t-elle une alternative textuelle ? » — assortie d'un test précisant les éléments à examiner, les attributs à vérifier et les cas de non-applicabilité.

Le premier est un objectif, vérifiable mais sujet à interprétation. Le second est une procédure, qui produit le même verdict quel que soit l'auditeur. C'est toute la valeur du RGAA.

Le comparatif

Positionnement respectif des deux documents
CritèreWCAGRGAA
AuteurW3CDirection interministérielle du numérique
PortéeInternationaleFrance
NatureRecommandation techniqueRéférentiel administratif
ContenuCritères de succès énoncés comme objectifs106 critères de contrôle et méthodologie de test
NiveauxA, AA, AAAA et AA retenus ; AAA publiés à part
LangueAnglais, traductions disponiblesFrançais
Usage en audit françaisRéférence de fondRéférence opérationnelle et opposable

Lequel sert de référence à un audit

Pour une organisation soumise à l'article 47 de la loi de 2005, c'est le RGAA : c'est lui qui fonde le taux de conformité, la déclaration d'accessibilité et le contrôle. Les WCAG restent la norme sous-jacente, mais ne se déclarent pas.

Cela dit, un rapport bien fait mentionne souvent les deux : le critère RGAA pour l'opposabilité, le critère WCAG correspondant pour les équipes techniques, qui trouvent en anglais la documentation la plus abondante.

La question des versions

Le RGAA 4.1.2 s'appuie sur les WCAG 2.1. La version 2.2 des WCAG est parue depuis, et le RGAA 5 annonce un alignement sur elle. Une équipe qui développe aujourd'hui a donc intérêt à viser directement les WCAG 2.2 : les critères ajoutés sont peu nombreux et peu coûteux à la conception.

L'erreur à ne pas commettre

« Nous sommes conformes WCAG 2.1 AA »

Cette phrase, fréquente dans les réponses à appel d'offres, ne vaut rien devant un contrôle français si elle n'est pas adossée à un audit RGAA. La mention légale à publier n'admet que trois formulations, fondées sur le taux de conformité au RGAA — voir la mention en page d'accueil.

Poursuivre

Pour savoir lequel s'applique à votre organisation, voyez l'arbre de décision des référentiels. Pour le niveau d'exigence retenu, les niveaux A, AA et AAA.