Histoire du RGAA : vingt ans d'évolution

Le RGAA n'est pas né conforme à ce qu'il est aujourd'hui. Son histoire épouse celle de l'accessibilité numérique en France : un principe posé en 2005, un référentiel qui cherche sa forme pendant dix ans, puis une refonte qui lui donne enfin la précision nécessaire à des audits reproductibles.

Les grandes étapes

Repères chronologiques
DateÉvénementPortée
11 février 2005 Loi n° 2005-102, article 47 Pose le principe de l'accessibilité des services en ligne publics
Versions 1 et 2 Premiers référentiels Fondent la démarche, mais restent peu opérationnels pour l'audit
Version 3 Alignement sur les WCAG 2.0 Structure le référentiel autour d'une norme internationale
16 septembre 2019 Publication du RGAA 4.0 Refonte complète : 106 critères, 13 thématiques, méthodologie de test
24 juillet 2019 Décret n° 2019-768 Donne des obligations concrètes : déclaration, schéma, sanctions
18 avril 2023 Mise à jour 4.1.2 Clarifications et corrections, à nombre de critères constant
6 septembre 2023 Ordonnance n° 2023-859 Crée l'article 47-1 : l'Arcom devient autorité de contrôle
28 juin 2025 Application de l'European Accessibility Act Étend l'obligation à des produits et services du secteur privé
Fin 2026 (annoncé) RGAA 5 Alignement WCAG 2.2, applications mobiles, documents bureautiques

Ce que la version 4 a changé

La rupture de 2019 n'est pas une question de nombre de critères. Elle tient à trois apports structurants.

Pourquoi dix ans sans effet

Un principe sans sanction reste un vœu

Entre 2005 et 2019, l'obligation existait mais n'était assortie d'aucune conséquence, d'aucun document à publier, et d'aucune autorité pour la contrôler. Le taux d'accessibilité des services publics en ligne est resté très bas pendant toute cette période.

Ce qui a changé la donne n'est pas le référentiel : c'est l'arrivée d'obligations documentaires constatables et, plus tard, d'un pouvoir de sanction.

Ce que l'histoire suggère pour la suite

Deux mouvements se poursuivent. D'une part l'élargissement du périmètre : du public vers le privé, du web vers les applications et les documents. D'autre part le renforcement du contrôle : d'un principe déclaratif vers une autorité dotée d'un pouvoir de sanction.

Rien n'indique que l'un ou l'autre s'inverse. Une organisation qui traite le sujet aujourd'hui achète surtout du temps sur la marche suivante.

Poursuivre

Pour le contenu du niveau supérieur, voyez les critères AAA. Pour ce que le référentiel autorise en matière d'exception, les dérogations et exemptions.