Auditer les PDF et documents bureautiques mis en ligne
Les documents téléchargeables entrent dans le périmètre de l'audit dès lors qu'ils sont pertinents pour le service rendu. C'est le point que les organisations découvrent le plus tard, souvent après avoir corrigé tout le reste — et c'est fréquemment le plus lourd, parce qu'un site peut exposer des centaines de PDF produits par des services différents.
Ces documents figurent dans l'échantillon d'audit au même titre que les pages.
Ce qui est testé dans un PDF
| Point | Ce qu'on vérifie |
|---|---|
| Document balisé | Présence d'une structure de balises, condition de tout le reste |
| Ordre de lecture | La séquence des balises correspond à l'ordre logique, pas à la mise en page |
| Titre du document | Renseigné dans les propriétés, et affiché plutôt que le nom de fichier |
| Langue | Déclarée dans les propriétés, et sur les passages en langue étrangère |
| Alternatives textuelles | Sur les images porteuses d'information ; images décoratives marquées comme telles |
| Structure de titres | Niveaux hiérarchisés sans saut, comme sur une page web |
| Tableaux | En-têtes de lignes et de colonnes déclarés |
| Contrastes | Mêmes seuils que sur le web |
| Formulaires | Champs nommés, ordre de tabulation cohérent |
| Document numérisé | Une image de texte sans couche texte est inaccessible par nature |
Le cas des documents numérisés
Un PDF produit par numérisation est une image. Aucun lecteur d'écran n'en restitue quoi que ce soit, aucune recherche n'y fonctionne, aucun zoom n'y est confortable. La reconnaissance optique de caractères améliore la situation, mais ne produit ni structure ni ordre de lecture fiable.
Pour ces documents, la seule correction réelle consiste à retrouver ou reproduire le document source.
Corriger en amont, pas en aval
Un PDF accessible se produit à l'export, pas à la retouche. Les trois quarts du travail se jouent dans le document bureautique d'origine : utiliser les styles de titres plutôt que du gras agrandi, renseigner les alternatives des images, déclarer les en-têtes de tableaux, définir la langue, puis exporter en conservant la structure.
Retoucher un PDF a posteriori coûte cinq à dix fois plus cher que de le produire correctement. C'est typiquement un sujet de formation des contributeurs — voir les parcours par métier.
Quand renoncer au PDF
La question mérite d'être posée à chaque fois. Un formulaire à imprimer, un tableau de tarifs, un compte rendu : tous gagnent à devenir des pages HTML. Elles sont accessibles par construction, mieux indexées, consultables sur mobile, et corrigeables sans nouvel export.
Le PDF garde sa légitimité quand la pagination fait partie du sens — un document à valeur juridique, un formulaire officiel, une publication destinée à l'impression.
Traiter un parc de documents
- Inventorier les documents réellement exposés, et leur fréquence de téléchargement.
- Trier : ceux qui doivent devenir des pages, ceux à reprendre, ceux à retirer.
- Traiter d'abord les documents les plus téléchargés et ceux qui conditionnent une démarche.
- Documenter les documents non repris dans la déclaration d'accessibilité.
Ce dernier point est important : un document non accessible qui figure dans la déclaration, avec un moyen d'obtenir l'information autrement, place l'organisation dans une situation très différente d'un silence.
Poursuivre
Pour le cas des applications, voyez l'audit d'application mobile. Pour savoir qui peut mener ces audits, qui peut réaliser un audit RGAA.