Surcouche d'accessibilité : sept questions à poser avant de signer

Les éditeurs de widgets d'accessibilité sont commercialement agressifs, et leur promesse — la conformité sans toucher au site — répond à une demande réelle. Plutôt que de trancher à votre place, voici les sept questions qui permettent d'établir ce que l'outil fait réellement.

1. Quels critères du RGAA votre outil fait-il passer ?

La question est volontairement formulée ainsi : faire passer un critère, pas « améliorer l'accessibilité ». Demandez la liste, numéro par numéro. Une réponse en termes de bénéfices utilisateurs plutôt que de critères indique que l'outil ne modifie pas le taux.

2. Vos corrections apparaissent-elles dans le code livré ?

C'est la question décisive. Un audit de conformité évalue le code livré, selon la méthodologie officielle. Des attributs injectés côté client, après chargement, par un script tiers, ne changent pas ce code — et ne seront donc pas vus par un auditeur ni par un contrôle.

3. Que se passe-t-il si votre script ne se charge pas ?

Connexion dégradée, bloqueur de contenu, politique de sécurité restrictive : dans tous ces cas, le site revient à son état réel. Une accessibilité qui dépend du chargement d'un tiers n'est pas une propriété du service.

4. Comment gérez-vous les conflits avec les lecteurs d'écran ?

Une surcouche qui réécrit le balisage peut dégrader une page correctement construite, ou entrer en conflit avec la configuration de l'utilisateur. Demandez sur quels couples navigateur-lecteur l'outil a été testé, et avec quels résultats.

5. Que devient l'accessibilité si nous résilions ?

Si la réponse est « le site revient à son état antérieur », vous n'avez pas acheté de l'accessibilité : vous avez loué une apparence. C'est une dépendance à intégrer au calcul.

6. Votre outil génère-t-il des alternatives textuelles automatiquement ?

Pourquoi cette question est révélatrice

Une alternative textuelle pertinente dépend du contexte de la page, pas du contenu de l'image. La même photographie appelle une alternative différente selon qu'elle illustre un article ou qu'elle indique où se présenter.

Un outil qui génère des descriptions décrit ce qu'il voit. C'est mieux que le silence, et ce n'est pas la même chose que répondre au critère.

7. Fournissez-vous un rapport d'audit conforme à la méthodologie officielle ?

Un relevé des 106 critères, avec justification de chaque « non applicable » et localisation de chaque non-conformité. Si l'éditeur en fournit un, vous pouvez le confronter à un contre-audit. S'il n'en fournit pas, il ne vend pas de la conformité.

Ce que ces questions permettent d'établir

Non pas que ces outils sont inutiles — ils rendent service à des visiteurs qui ignorent que leur navigateur propose déjà des réglages — mais qu'ils ne constituent pas une stratégie de conformité, et ne doivent pas être présentés comme telle.

Si le budget est le sujet, l'argent d'un abonnement est mieux employé à corriger les quatre familles d'anomalies à fort rendement : alternatives, contrastes, intitulés de liens, étiquettes de formulaires.

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